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Taenia's House

John L. ROD

December 17

Chapitre 2 - Issneck - 11_Fuite

11 - Fuite

 

Ils discutèrent en regagnant ce qu’il restait de leur campement.

Enano leur raconta ce qu’étaient les conditions de vie des nains aujourd'hui.

Ils étaient réduits à être des brigands ou des mercenaires, c’était la seule façon qu’ils avaient trouvé pour survivre.

Ils avaient élu domicile sur la planète Rohan, seul lieu assez vaste et touffu qui leur permettait de vivre tranquillement.

Les Issnecks  ne les dérangeaient pas et leurs demandaient même quelques services de temps à autre.

Il y avait plusieurs implantations géographiques de nains.

Enano faisait parti de ceux qui occupaient les alentour de la forêt, une génération nouvelle, une génération d'expatriés.

 

      -   Vous n’êtes pas reconnu par vos paires ?

      -   Du tout, nous sommes des reclus..

      -   Mais pourquoi donc ?

      -   Il y a en gros quatre grandes familles de nains sur cette planète. Chacune à comme territoire un point cardinal. Et je fais parti de la cinquième famille…

      -   Donc il y en a cinq…

      -   Oui, nous sommes des nains qui avons été chassés, vendus ou bannis. Tout cela pour diverses raisons : s’être lier d’amitié avec des humains, avoir refusé le combat…

      -   Et ben, l'intolérance et l’injustice, même après des millénaires ne sont toujours pas tombées.

      -   Et non, John, quand il n’y en a plus à un endroit, tu peux être sur de les retrouver autre part. Tu te rappelles le bar ou tu t’es fait agressé ? Te rappelles-tu y avoir vu un nain ?

      -   Euh… je ne crois pas…

      -   Voilà !!!

      -   Pourquoi une telle haine envers ce peuple ?

      -   Nous sommes des sous-hommes, votre société est pourtant très libre et n’exclut personne, seulement nous sommes trop petits pour bien y vivre. Aussi, nous n'allons pas souvent sur la planète mère, ce qui nous marginalise en quelque sorte....

      -   Puis si je me souviens bien, vous avez prit part à une guerre, contre nous… vous n'avez pas choisi le bon camp…

      -   En effet, notre passé historique n’est pas très glorieux, mais nous n’avions pas le choix, d’un coté la guillotine, de l’autre les baïonnette. Nous avons donc décidé de nous battre !

      -   Tu sais John, il y a un dicton qui dit « fier et combatif comme un nain » !!!

 

Enano n’avait plus d’autre choix que de suivre ses quatre nouveaux compagnons.

Oui, un nain était une personne fière, combative, mais il n’était pas atteint par l’orgueil ou la rancune, et savait être reconnaissant.

Il était seul, perdu, on lui apportait de l’aide, pourquoi la refuser ?

 

      -   Ben  voilà, nous sommes déjà trois espèces d’être humain différentes : un nains, trois Nécris et moi, un « vrai » humain….

      -   Tu te fous de nous John ?

      -   Nan nan Sni Snai, c’est bien ça, regarde !!! J’en ai peut-être un peu rajouté sur la description de mon appartenance humaine, mais merde, je suis le plus vieux ici après tout !!!

 

John expliqua à Enano qui il était vraiment.

Ils avaient rejoint le campement ou plutôt ce qu'il en restait.

Enano, comme le voulait la coutume, récupéra les armes de ses frères.

Le vaisseau amphibie avait bien tenu son rôle, il n’avait rien subit de la guérilla, ni de l’attaque du monstre.

Tous repartirent vers le nord, pour atteindre le domaine des Issnecks.

 

      -   Tu ne veux vraiment pas rejoindre ta famille ?

      -   Non, je les ai pratiquement tous perdu… puis la fumée que l’on a vu tout à l’heure, juste avant de repartir.. elle venait de mon village… nous avons été attaqué, cela ne fait aucun doute… nous avions hésité à venir voir ce qu’était le vaisseau qui….

      -   Des engins légers ont été repérés par le radar…

 

      -   Purée, on se croirait dans Mad Max quand les punks poursuivent la citerne…

      -   Quoi ?!!!!

 

L’amphibie était poursuivi par une horde de vaisseaux légers, certains volaient et d'autres roulaient.

Ces véhicules étaient pour John plus que futuristes.

Des projectiles fusaient, des rayons laser parsemaient l'espace autour de l'amphibie. L'attaque, dans son tonnerre de feu, était fulgurante.

 

Lil, qui pilotait le vaisseau n’avait que peu d’alternative : aller tout droit ou… aller tout droit.

A droite, à gauche, au dessus et bien entendu derrière, toutes les issus, étaient coupées.

Il n'y avait qu'une seule direction : droit devant.

Mais une faille se dessinait à l'horizon.

John s'étonna.

 

      -   Ben c’est quoi le truc devant ?

      -   C’est la faille du Rohan, la grande cicatrice…

      -   Et ça sert à quoi ?

 

Sni Snai le regardait, surprise.

Il devenait fou ?

Pourquoi une telle question ?

 

      -   On peut passer dessus ?

      -   Oui Sni Snai, on passera dessus sans problème, mais je pense que cette faille explique le fait qu’il n’y ai pas encore eu de blocage de face, on va certainement avoir un sacré jolie comité d’accueil de l’autre coté.

      -   Ça promet.. pas d’autre possibilité.

      -   Si, je crois….

 

- § -

 

      -   Où en est-on avec nos « fugitifs » ?

      -   Ils approchent de la faille…

      -   Je ne comprends toujours pas comment ils ont fait pour survivre aux nains et au troll.

      -   J’avoue que cela me dépasse un peu, Monsieur Utra, et je crois, j’ai l’intime conviction qu’on les a trop sous-estimé….

      -   Nous n’avions pas prévu l’arrivé des deux sœurs de Sni Snai c’est vrai, mais maintenant que le Prof. Madison n’est plus, nous n'avons plus de raison de s’inquiéter de ce coté là….

      -   D’autant plus qu’ils se dirigent droit sur une faille. Ils ne peuvent pas la contourner ni la survoler. Et de toute façon, s'ils tentent de passer par dessus, un accueil de notre cru leur sera réservé ...

      -   Parfait, prévenez-moi dès que tout sera rentré dans l’ordre.

      -   Absolument Monsieur Utra, je n’y manquerais pas.

 

 

      -   Qu’est-ce qu’on peut bien faire ?

      -   Je ne sais pas John, Lil et Fan ont l’air d'avoir un plan. De plus, les radars indiquent une très importante concentration de mouvements, d’hommes et d’engins de l’autre coté de la faille, on a peut de chance d’être encore libre, voire vivant dans les minutes qui viennent….

 

En effet, l’amphibie n’est plus qu’à une centaine de mètre de la faille, toute retraite est impossible.

Aucun moyen de s’échapper, aucun endroit ou aller….

A moins que…

 

- § -

 

      -   Comment çà ils ont plongé ?

      -   … oui… droit dans la faille…

      -   C’est impossible !!! c’est de la folie meurtrière !!!!

      -   Euh… oui… je sais bien… mais nos hommes, au somment de la faille ont, comment dire…., décelé comme des…. Cavités plus loin, dans les profondeurs…

      -   Des cavités ?!!! C’est quoi ces cavités ?!!!!

      -   Des galeries…. Monsieur Utra….

 

 

 

L’amphibie plongea, Lil et Fan n’avaient pas trouvé mieux.

Elles avaient repéré à l’aide des sonars, des cavités assez étranges plus bas dans la faille, droit au nord.

Des galeries, apparemment oubliées; elles n'étaient archivées nulle part.

Celles-ci, comme leur expliqua Enano avaient été créées il y a plusieurs millénaires,  personne ne sait comment, ni pourquoi…

 

      -   Mais dans les histoires, ce ne sont pas les nains qui creusent les tunnels ?

      -   De quelles histoires veux-tu parler John ?

      -   Ben des histoires comme celles de Tolkien..

      -   Décidément.. Lâches un peu ton époque…

      -   Ou alors comme dans Hypérion, avec les galeries et les labyrinthes mystérieux...

      -   Et !!! Faut arrêter de rêver, nous sommes bien dans des galeries, mais pas dans un roman de Tolkien ou de je ne sais plus qui, on ne sais même pas où ça va nous mener tout ce bordel !!!

Sni Snai était passablement énervée.

Elle n’aimait pas ne rien maîtriser, elle se sentait encore faible.

Son énergie évacuée l’avait tellement affectée, qu’elle ne savait même pas si elle avait bien retrouvé toute ses forces.

Une chose, au moins, la satisfaisait, c’est que ces deux sœurs semblaient savoir où elles allaient, où ces galeries menaient.

Elles lui donnaient l’impression de déjà connaître les lieux.

Pourtant, elles restaient mystérieuses à ce sujet.

Une atmosphère étrange semblait planer autour de Sni Snai.

Elle se sentait étrangère.

Un comble.

Jamais, depuis des décennies, elle ne fut aussi proche de ses semblables.

Même John semblait moins perdu.

Mais il perdait la tête, c’est ce qu’elle pensait de plus en plus, il déconnait, un vrai gamin… comme le Prof. Madison…. Comme un éclair, une nostalgie l’emporta, elle pleura.

 

      -   Où est Sni Snai ?

      -   Je ne sais pas John, tu étais avec elle la dernière fois que je l’ai vu, puis faut dire que je n’ai pas encore décrocher du poste de pilotage, Lil me relaie, je suis au poste d’observation maintenant….

      -   Vous formez une sacré équipe toutes les deux !!!

      -   C’est vrai, on a toujours vécu ensemble aussi, on se connaît par cœur.

      -   Ça vous rend efficace….

      -   Tout à fait, les multiples aventures que nous avons traversées, nos caractères ont été forgés dans de la pierre !!! Nous ne craignons rien, nous sommes irréductibles !!!

      -   Oui…. Mais bon, t’en rajoutes un peu là….

      -   Je suis fatiguée, il faut bien que je me détende…

      -   C’est vrai… je te laisse, je pars à la recherche de Sni Snai… le vaisseau n’est pas bien grand, je vais la retrouver.

 

En effet, il l’a retrouva assez vite.

Elle était au fond du vaisseau, dans la soute.

Elle semblait aller mieux, c’est ce qu’elle lui dit.

Mais il avait vu dans ses yeux une très grande mélancolie, une peine obscure, trop lourde à porter seule.

Il essaya de l’aider à se confier, elle tenta, en vain, le poids était trop lourd, et pour l’instant elle préférait le porter seule, de peur de se tromper.

Elle avait apparemment un don de divination, ou plutôt, elle pouvait ressentir les choses.

Les événements passés et lointains.

Une grande souffrance à retardement en quelque sorte.

John, humain parmi tant d’autres commençait à comprendre ce qui pouvait bien se passer dans la tête de Sni Snai.

Il avait déjà connu des moments comme ceux que semblait vivre la jeune femme.

Des moments de solitude intense, écrasants.

On a l’impression de tout comprendre, de tout savoir, de tout connaître.

Et on se rend compte. On se rend compte que où qu’on aille, quoi qu’on fasse, cela se réduit à peu de chose.

On se rend compte qu’on n’est rien, un parmi tant d’autre.

On se sent insignifiant et on espère.

On espère ne pas être que cela.

Servir à quelque chose, servir quelqu’un.

Distiller notre aide, notre bienveillance.

Mais ne pas avancer dans l’inconnu pour se retrouver les pieds dans le vide, sans échappatoire.

Seulement, si on trouve une quelconque raison à notre existence, le doute nous assaille.

Car si nous avons un rôle à jouer dans ce monde, dans cette unité universelle, celle dans laquelle nous vivons, sommes-nous seulement capables de nous rendre utile, de bien agir.

Qu’est la frontière entre le bien et le mal….

Les décisions que nous devons prendre ne sont-elles pas trop lourdes à porter?

Pourquoi nous ?

Pourquoi serions nous une clé, un être important dans l’humanité ?

Et l’humanité peut-elle seulement interagir sur l’univers ?

John comprenait cela, pour l’avoir ressentit bien des fois.

Il le lui dit.

Elle comprit à ce moment là qu’elle n’était pas seule.

Et que plus rien ne serait jamais comme avant, que leurs vies était mises en jeu.

Dans quel jeu ? Avec quelles règles ?

Cela, ils l’ignoraient…

 

- § -

 

      -   Ces galeries sont vraiment gigantesques !!!

Fan était stupéfaite.

Elle secondait toujours sa sœur jumelle au poste d’observation et cela faisait bien un quart d’heure qu’ils avançaient dans ce dédales de couloirs, façonnés par on ne sait qu’elle prodigieuse puissance.

      -   En tout cas il ne semble pas que nous soyons suivi, c’est déjà ça.

      -   Qui serait assez fou pour nous suivre dans cette obscurité, dans ces galeries sans fin… John, nous ne savons même pas où nous allons.

      -   Ben, si l’on continu d’avancer, droit devant, on finira forcément par trouver une sortie et d’arriver à destination, chez les Issneck.

      -   Tu as sûrement raison…

      -   Où en est-on ?

 

Sni Snai avait réapparu.

Après que John l’ai laissé, elle avait fait le vide dans sa tête, avait trouvé la force de se relever, d’avancer.

Elle était maintenant prête à reprendre les choses en mains.

      -   Comme le dit John, il y a forcément une issue. Avez-vous activez le sonar afin de repéré de quelconque cavités, changement dans la géographie ou densité des parois ?

      -   Justement, c’est ce que je suis entrain de faire… Et effectivement, il y a du changement, devant. Prend à droite Lil, après, il semble y avoir un grand espace…

 

Le vaisseau déboucha sur une sorte de grande salle ouverte.

Le ciel, bleu nuit apportait quelques pales lueurs.

Lil s’activa, si bien que son véhicule piqua à la verticale, montant vers ce ciel, si attirant.

Ils débouchèrent loin de tout tumulte, d’engins de guerre.

La plaine, paisible, gigantesque avait reprit possession de l’espace.

Pourtant, des lueurs étaient visibles, au loin.

 

      -   Nous approchons, il y a une ville là bas…

 

John était ravis.

Pas qu’il soit claustrophobe, mais il en avait marre de cet enfermement.

Il avait envi, il ne savait pas pourquoi, d’action. Il se sentait revivre, comme mu par une force nouvelle.

 

      -   Ne t’inquiète pas John… tu va en avoir de l’action… Lil, Fan, dans combien de temps seront nous confronter au poste d’avant-garde des Issneck ?

 

      -   Dans moins de cinq minutes… j’espère qu’ils nous attendent… en « ami » si je puis dire…

December 12

Chapitre 2 - Issneck - 10_Enano

10 - Enano

 

La route reprit.

Sni Snai et John se reposaient.

Ce dernier reprit bien plus rapidement ses esprits. Comme il avait reçu de l’énergie, il n’était pas affaibli.

 

      -   Lil ?

      -   Oui…

      -   Nous arriverons à l’orée de la forêt dans combien de temps ?

      -   Dans deux ou trois heures, Sni Snai se réveillera sans doute à ce moment là...

      -   Parfait, je vais voir comment ce porte John, on va faire les préparatifs pour un campement au sol.

 

Une forêt, dont la superficie avoisinait celle du continent américain, s’étendait face à eux.

Des arbres de plusieurs kilomètres de haut se partageait le terrain avec de minuscules herbes tranchantes comme des rasoirs.

L'endroit respirait l'hostilité...

L’intérieur de la forêt était noir et dense.

Des bestioles de toutes sortes et de toutes tailles y grouillaient. Tout ici semblait démesuré, comme pour le reste de cette planète d’ailleurs.

Le campement fut établit à quelques dizaines de mètres de la lisière, d'où l’on pouvait distinguer le vaisseau amphibie.

 

      -   Vous croyez que nous sommes en sécurité ici ? Pourquoi sortir du vaisseau ?

      -   Tout à fait en sécurité et pas plus en danger que dans le vaisseau, surtout si un arbre chute…

      -   C’est la raison principale de notre campement in forestis.

 

Sni Snai s'était réveillée. Elle était déjà debout mais n’avait pas encore parlé, ni regardé qui que ce soit. Elle était seule, à l’écart, pensive...

 

      -   J’espère que Sni Snai n’a pas trop souffert pour m’enlever l’âme ?

      -   Nous n’en savons pas plus que toi, je ne suis pas sûre que depuis les dix derniers siècles quelqu’un de notre espèce aie tenté une telle chose.

      -   Oui, Lil à raison, tu as vécu un événement exceptionnel.

      -   Mais je ne pense pas non plus qu’il soit courant de rencontrer une personne qui avait, comme moi, deux âmes…

      -   En effet, c’est aussi rare que de trouver des personnes comme nous, sans âme.

      -   Je me sens tout bizarre quand même.

      -   Tu dois ressentir un vide, c’est clair, mais tu retrouves aussi ton corps et son contenu tel que tu l’avais laissé avant de mourir.

      -   Oui, mais je sais pas ce que je vais devenir.

      -   Nous non plus, Fan et moi pensons qu’il ne nous reste plus beaucoup de temps à vivre, nous ne sommes pas éternel tu sais…

      -   Merde alors, pourquoi penser cela ? Croire que c’est bientôt la fin ?

      -   Sni Snai nous l’a dit, elle le sait, nous aussi.

      -   C’est inévitable.

 

- § -

 

La mort est toujours quelque chose d’inévitable, qu’on ne peut retarder, et cela depuis toujours et jusqu’à que la Vie disparaisse à tout jamais.

 

Lil releva brusquement la tête.

Ils étaient tous les quatre autour d’un feu, en train de se restaurer.

Un bruit l’avait intrigué. Elle interrogea sa jumelle du regard. Elle aussi avait entendu.

Sni Snai qui avait maintenant retrouvé ses forces était également aux aguets tandis que John restait imperturbable, dévorant un morceau de viande qui aurait bien pu être une cuisse de poulet. Du moins, c'est ce que le goût laissait croire ...

 

      -   J’ai vraiment entendu un truc là !

      -   Nous aussi !

      -   Quoi ?

      -   Il y a qu…

 

Un objet vola, filant droit sur la tête de Lil qui s’interrompit.

Elle eu à peine le temps de se pencher sur le coté.

Une hache se figea dans un tronc.

 

      -   Bordel ! Des nains !!!

      -   Des quoi ?

      -   Merde ! Et pourquoi nous att..

 

Une massue bourdonna, et des dizaines de frondes remplirent l’espace.

Le temps semblait s’être arrêté, il pleuvait des armes, tranchantes et meurtrières.

 

Chacun combattait contre dix.

Le quartet se battait avec les armes ramassées sur les petits cadavres, qui d’ailleurs pour John, n’étaient pas si minuscule que cela pour des nains. Ils faisaient bien entre un mètre vingt et un mètre quarante.

Le combat était disproportionné, les nains avaient le dessus.

Soudain, il y eut comme un bruit de tonnerre.

C'était plutôt comme un tremblement de terre.

Tous se figèrent.

Ils se retournèrent, face à la lisière du bois.

Le jour devint nuit.

Une forme, vaste et sombre, se dressait là.

Les nains étaient pris de panique.

Lil, Fan, Sni Snai et John L. ne savaient que faire, ils restaient là, bouche bée.

La chose monstrueuse entra dans la forêt, déracinant des arbres de plusieurs dizaines de mètres de haut.

Des nains, courageux ou désespérés se jetèrent sur ce monstre.

Ils volèrent, en tout sens.

On n'entendait plus que leurs cris et le craquement de leurs os.

Tout n’était que pur cauchemar.

 

 

      -   Putain de merde, mais c’est Tolkien ici !!!

      -   Disons qu’on ne savait pas que tout cela existait, John….

Elle se retourna vers ses deux sœurs :

      -   La meilleure façon de s’en tirer ?

A l’unisson :

      -   Fuir !!!!!!!!!

 

Ce qu’ils firent en toute hâte.

Suivis par les quelques nains survivants.

 

C'était la débandade. Tout le monde courait dans tous les sens, de la façon la plus anarchique possible ...

Pour une fois, John était en tête.

Quand il s’agissait de fuir, prendre la tête ne l’effrayait pas.

Il traçait, droit devant, entre arbres et broussailles.

Certaines herbes entaillaient ses vêtements et sa peau.

Mais cela valait mieux que la chose qui les poursuivait.

Pendant leur course, ils voyaient voler au dessus de leurs têtes les quelques nains retardataires que le monstre balançait.

Grâce à sa grande taille, ce dernier avançait très vite.

Un nain, plus rapide que tous, traça son chemin, et courrait loin devant… jusqu'à ce qu'il disparaisse dans un bruit de tonnerre....

 

      -   Putain de merde !!!!! Stop !!! Stop !!!!

 

John, avait crié fort.

Tous stoppèrent temps bien que mal.

Des nains fusèrent, par les airs, par la terre.

Lil, Fan, Sni Snai et John étaient au sommet d’une falaise surplombant une cascade, qui plus loin en contrebas se jetait dans un lac.

 

      -   Il y a bien…

      -   Foulalalala…. Euh…

      -   Rooo ben presque 1000 mètres…

      -   Au moins…

 

La forme monstrueuse, gargantuesque se rapprochait, la terre tremblait. La lourdeur de ses pas et le bruit de la chute d'eau ne faisaient plus qu'un seul et même son terrifiant ...

 

Les regards se  croisèrent, regardant d'un côté le monstre venir, et de l'autre la chute d’eau s’écraser dans le lac.

Un nain, apparemment l’un des derniers, arriva sur eux.

Il ne savait plus quoi faire.

Qui était ses ennemis ?

Ces quatre personnes, là, ne l’attaquaient pas.

Le monstre lui, était sans pitié.

On entendit des cris.

Cinq autres nains surgirent soudainement devant le monstre, courant aussi vite que possible.

L’un d’eux réussit même à voler… propulser par une des puissantes pattes du géant.

Le nain, plongea dans le sous-bois.

Lil, Fan, Sni Snai et John firent de même.

Ils eurent à peine le temps de se retourner pour voir ce qu’il se passait.

Ils virent filer, droit devant, les quatre nains et le géant.

Ils chutèrent dans des cries effroyables.

 

      -   Ahhh ahhhha hhhhh... Plouf !!!!

John se tenait au bord de la falaise, on ne voyait rien de là haut.

 

      -   Je suis Enano Zwerg-Dwarf…

      -   A tes souhaits !!!

      -   Tiens, tu ne nous envoies pas de hache dans la gueule ?

      -   Ce n’est pas moi qui ai lancé l’attaque sur vous, je suis un jeune nain, c’est mon premier combat…. Et tous les guerriers de mon village viennent de mourir…

      -   Ouais, je ne sais pas s’il faut te plaindre ou t’achever pour que tu ailles les rejoindre !!

      -   Ça va Fan, du calme, on dirait un gros nounours tout pataud.

 

Ils rirent.

 

      -   John L Rod…

 

Il lui tendit la main.

December 10

Chapitre 2 - Issneck - 09_Ames

9 - Ames

 

Le trajet et les haltes étaient planifiés.

Même s'il semblait impossible de prévoir un tel parcours, tout pouvait arriver,  rien ne pourrait entraver la détermination du quartet.

 

      -   On ne peut difficilement être plus dans le nulle part de la plaine qu’ici !

      -   Le nulle part ?

      -   Désolé, c’est une vieille expression, le nulle part de quelque chose, c’est l’endroit le plus reculé, le plus abandonné de cette chose …

Sni Snai avait décidé que ce serait l’endroit idéal pour évacuer la mauvaise âme du corps de John.

      -   Mais j’y pense… tu ne risques pas de m'enlever mon âme ? Je veux dire, l’originelle ?

      -   Il y a des moments où il faut prendre des risques.

      -   Encourageant…

Lil et Fan seront là en couverture. Si des intrus surgissent, ou si tes âmes tentent de reprendre le dessus, elles interviendront....

      -   Concrètement, ça va fonctionner comment ?

      -   Je serais un aspirateur et toi la pièce qui contient la poussière….

 

Elle se plaça face à John L.

Un peu moins de trois mètres les séparaient, autour deux, c’était un no man’s land d’au moins un kilomètre.

Lil et Fan les distinguaient sans problème dans cette vaste étendue plane.

 

Sni Snai est immobile, concentrée.

John, face à elle, se tient droit, la tête légèrement relevée, les yeux fermés.

Des tressaillements emplirent le corps de la jeune femme.

Sa peau se craquela. Une couche fine et épaisse coula le long de son visage, sa peau était en train de s'évaporer.

Son vrai visage se révéla, blanc, extrêmement blanc.

Ses lentilles de contacts fondirent et laissèrent ses yeux à l’air libre, eux aussi blancs, sans pupille apparente.

Une fois débarrassée de son costume d'humaine,  elle planta plus profondément les pieds au sol, écarta légèrement les bras et lança le processus de l’extraction de l’âme.

Une lueur, translucide l’encercla.

Des faisceaux électriques, tels de multiples éclairs, parcouraient le champ de force qu'elle venait de créer autour d'elle.

Une incroyable énergie se dégageait de son corps et gravitait maintenant tout autour d'elle.

Sni Snai  contrôlait parfaitement toute cette énergie.

Elle allait bientôt propulser cette énergie sur John.

L’énergie avait pour but d’extraire l’âme intruse.

Celle-ci serait alors aspirée comme par un tuyau et rejoindrait le corps de Sni Snai où elle mourrait.

Un énorme faisceau d’énergie partit de la périphérie du champ de force pour aller percuter la poitrine de John et emplirent son corps.

A l'endroit de l'impact, une masse blanchâtre et noirâtre se débattait.

Sni Snai maîtrisait parfaitement la situation. Elle réussit en peu de temps à attirer  l’âme néfaste jusqu’à elle.

La jonction se fit par une brève mais vive explosion.

L’âme mourut.

L’énergie, autour de John s’estompa, son âme, originelle, reprit plein droit de son corps.

Sni Snai, à bout de force, tentait de réguler son énergie, pour que cette dernière s'estompe peu à peu ...

Elle tomba, évanouie.

December 07

Chapitre 2 - Issneck - 08_Retrouvaille

Chapitre 2

 
Issneck

 

8 - Retrouvaille

 

      -   Nous y voilà enfin !

Sni Snai semblait presque avoir l’air joyeux. John L Rod n’était pas sur de ce qu’elle laissait transparaître.

Mais, comment pouvait-on être joyeux, alors que l’on venait d’être traité comme un pariât, rejeté, expatrié.

Ils étaient arrivés dans la plaine de Rohan.

Le voyage ne fut pas bien long, à peine sept jours mais l’inévitable déficit de temps, de tout voyage spatial, leur avait coûté trente deux jours… c’était le temps qu’il c’était écoulé à partir de leur point de départ, calcul vieux comme le monde étant donné que c’est un certain Einstein et plus tard Hawking qui le désacralisèrent.

On leur avait alloué un petit véhicule amphibie, très pratique pour se déplacer dans le Rohan. Mais ce véhicule ne disposait pas de moyens de défense et n'était pas des plus rapide. Mais après tout, c'était mieux que rien !!!

      -   Où allons-nous maintenant ?

      -   Au nord, toutes, chez les Issnecks …

Ils avaient encore du chemin à parcourir, et ils n’avaient plus l ‘appui du vaisseau qui venait de les déposer.

Cette planète était vaste, énorme et sauvage.

La grande plaine de Rohan (nommée ainsi en hommage à un auteur du précédent millénaire) est aussi vaste qu’un hémisphère de la vieille Terre, d’une largeur comparable à la Communauté Européenne Inter-Continental et parsemé de forêts denses,  qui apparaissent subitement pour disparaître presque aussi étrangement.

Il y avait peu d’animaux sauvages, seulement quelques « humanoïdes » redoutables et friands d’humains.

      -   Je propose qu’on établisse un campement pour la nuit..

      -   Ne serait-il pas plus sage de rester en mouvement ?

J.L.Rod était peu farouche, même si sa mémoire lui était presque entièrement revenu, une peur, absurde mais réelle l’envahissait  dès qu’il ne se sentait plus maître des évènements. A se demander où était passé se folle envie d'aventure qui l'avait poussé vers le journalisme de terrain ...

Et là, autant dire qu’il ne maîtrisait rien.

      -   Nous serions une proie tout aussi facile et vulnérable en mouvement, pendant la nuit… cet appareil est un amphibie, il nous permettra de rester incognito le temps d’un bon repos.

      -   Ok, dans ces conditions, j’accepte les ordres de mon général !

Sni Snai sourit.

 

- § -

 

Quelque chose approchait.

Les quelques maigres radars de l’amphibie viraient au rouge.

      -   Merde !

Sni Snai, allait dans tous les sens.

John L. Rod restait les yeux fixés sur les cadrans.

      -   Mais… c’est.. quoi ce truc qui bouge ?!!

      -   J’en sais rien, mais ça va vite, ça tourne autour de nous, comme… pour étourdir ou étudier sa proie.

      -   Merde ! dis pas des choses comme ça !!.. on a des armes ?

      -   Pas que je sache… y’a rien dans ce vaisseau, que dalle, à peine de quoi survivre…

      -   C’est vrai qu’on n’est que des criminels en « mission », ils ne vont pas non plus nous donner tout un arsenal.

La « chose » s’immobilisa.

Les caméras infrarouge et à amplificateur de lumière discernaient une grande forme, au pas lourd mais vif, quatre pattes, une longue queue, une sorte d’énorme reptile.

Mais, fait plus étrange, il y  avait deux formes humaines perchées sur le dos de la « bête ».

Une voix, féminine, se fit entendre.

      -   Ohé !!! Sni Snai !!!?

      -   B…

John L. Rod regardait Sni Snai, interloqué, ne comprenant rien.

      -   On dirait qu’on m’appelle…

Elle voulu sortir, John la retint.

      -   N’y va pas… ce pourrait être n’importe quoi là-bas… un piège…

      -   Je ne crois pas, tu as vu comme moi qu’en plus de ce foutu reptile, dinosaure ou je ne sais quoi, il y avait deux hommes…

      -   « Sni Snai !!!? »

      -   Et qui connaissent mon nom…

      -   C’est ça qui m’inquiète le plus…

Elle sortit.

      -   Non !!!! merde alors !!! qu’est-ce que vous foutez ici !!!??

      -   Hé hé, le vieux Prof. nous a averti de ta « visite » ici.

      -   Donc on est venu…

      -   John… je te présente  Fan i Fanifongu’ et Lil i Fanifongu’… mes sœurs…

 

- § -

 

La soirée fut intense et magique grâce à ces heureuses retrouvailles.

Cela faisait bien une dizaine d’année que Fan et Lil n’avaient vu Sni Snai.

Les années c’étaient succédées, les distances accrues, le temps paraissait s’être emballé.

John L était heureux de tant de joie, de tant de vie...

Et dire qu’elles n’avaient pas d’âme toutes trois.

Elles étaient des vierges Nécris, sorte d’amazone d’une espèce humanoïde.

Tout en elles était humain excepté le fait qu’elles étaient dépourvues d’âme, elles n’étaient donc que des corps matériels mais au-delà de ça, un esprit libre.

Il va quand même falloir m’expliquer plus en détail ce principe de… « non-âme »…

C’est vrai que j’ai été plutôt succincte… 

Il y a eu un sacré débat à une époque, sur notre statut d’être humain…

 

Fan avait le regard nostalgique.

Elle se rappelait de son peuple, de sa civilisation :

« Un grand peuple sans âme est une vaste foule ! »

Le conseil interplanétaire avait tranché.

Le combat fut rude, intellectuel et moral.

L’individu n’étais pas pris en compte : sans âme; pas de statut humain.

S’en suivie une guerre qui aboutit à l'extermination du peuple Nécris.

John L avait en face de lui les trois seuls spécimens de cette espèce encore en vie.

Cachées, camouflées, devenues humaines par procurations….

 

      -   Ils ne vous ont pas acceptées alors ?

      -   Ce n’est pas exactement cela, mais ils ont trouvé un moyen d’éradiquer notre peuple.

      -   Un génocide ?

      -   En quelque sorte, ils nous ont demandé de prouver notre fidélité à la race humaine, de montrer notre courage « car l’âme est l’essence et l’acte d’un corps »….

      -   « L’âme humaine ne peut pas être absolument détruite avec le corps, mais il en demeure quelque chose d’éternel. », ils ont voulu appliquer cette pensée à la lettre et donc de nous éradiquer, car nous ne possédons pas d’âme mais sommes éternelles  de par notre esprit.

      -   Je ne comprends pas comment un être peut vivre sans âme ?

      -   L’âme ne sert qu’à la réincarnation, à une sorte de propagation de l’être après sa mort, il sert à l’évolution.

      -   Cela sous-entendrait que vous avez eu une âme ?

      -   Oui, il y a bien longtemps…

      -   Donc vous êtes en bout de chaîne de l’évolution ce qui implique le fait que vous êtes supérieures aux humains, plus pures peut-être..

      -   « L’âme, c’est ce qui refuse le corps » car « Le corps est le parasite de l’âme », les pensées des hommes sont claires, ils mettent l’âme au dessus de tout, pratiquement tout le temps.

      -   Heureusement, bien d’autres personnes ont compris que l’âme ne fait pas tout, Victor Hugo disait : « L’instinct c’est l’âme à quatre pattes ; la pensée c’est l’esprit debout »…

      -   Mais l’âme et l’esprit, c’est un peu la même chose ?

      -   Pas vraiment, il est vrai que l’on mélange un peu tout ça et qu’on définit l’esprit comme la représentation physique ou fantasmagorique de l’âme. Bien des personnes prétendent que la pensée est comme un fluide qui se répand à travers l’espace et que chaque esprit peut puiser dans cette source intarissable. Pourquoi pas ! En fait, l’âme est une sorte d’entité qui voyage, de corps en corps, évolue, grandit jusqu’à son paroxysme, le moment où elle ne peut plus croître, plus se répandre. Elle meurt, mais n’est pas détruite, on a découvert une sorte de cimetière des âmes. Elles se regroupent, s’unissent, et à cet endroit se crée une nouvelle étoile, une supernova, une galaxie etc..

      -   Je ne suis pas sur que les hommes de ton époque et tes ancêtres ont bien fait le tour de la question, ils dissocient l’âme du corps, l’âme est dans le corps, oui, d’une certaine façon, mais l’âme n’est pas l’esprit du corps, l’âme se situe dans le plexus solaire et l’esprit dans le cerveau. Longtemps, l’âme fut attribuée au cœur, à cause des sentiments : « L’amour ne voit pas avec les yeux, mais avec l’âme ».

      -   Certains disaient : « La réhabilitation de ce pauvre corps, si calomnié par l’âme »… cela sous-entend beaucoup de principe, dont certains autres ont approfondi le précepte : « Vivre sans âme est le moyen le plus cour et le plus sûr de vivre longtemps et en sécurité sous une tyrannie », ce qui sous-entend que sans âme, pas de sentiments, pas d’état d’âme. On peut vivre sous un régime ignoble sans en souffrir.

      -   Ce sont des pensées un peu simplistes il est vrai, mais les unes et les autres, assemblées, on commence à entrevoir une sorte de vérité, si je puis dire….

      -   Voilà, Lil à raison, dans le même principe, une autre personne à dit : « Pour être heureux en vivant dans ce monde, il y a des côtés de son âme qu’il faut entièrement paralyser »… encore un des principes de l'état d’âme,  ou du spleen….

      -   « Une grande âme est au-dessus de l’injure, de l’injustice, de la douleur, de la moquerie ; et elle serait invulnérable si elle ne souffrait pas par  compassion ».

      -   Qu’est-ce qu’une grande âme ?

      -   Ta question est légitime en effet…

      -   Le problème avec ce mot, c’est qu’il est employé n’importe comment. Pour la plupart des gens, le mot âme veut dire Homme ...

      -   C’est un peu le problème des perspectives, suivant l'endroit où l’on se place, notre point de vue, au sens physique du terme, diffère. La perception est ce qui différencie les êtres, les couleurs ne sont pas les même dans tous les yeux…

      -   Quand on dit « L’âme humaine est faite pour n’être pas seule », on veut parler des sentiments humains, de la solitude de l’homme, de ce qu’on appelle vulgairement ‘âme sœur’ et ce n’est surtout pas ce que tu as actuellement, deux âmes dans un même corps, ce n’est pas physique, ce sont des principes erronés.

      -   Bon, ok, je crois avoir saisi le ou plutôt les principes fondamentaux de l’âme, mais j’ai du mal à comprendre comment des personnes ont pu exterminer votre peuple avec des raisons de merde…

      -   Ce sont des raisons d'ordre  politique ou  financier … Tout ce qui a déjà engendré des génocides à ton époque. L’homme n’a pas tant évolué que cela…

      -   Le plus fou dans l'histoire, c'est qu'avant que tu ne te retrouves en vie à une époque qui n'est pas la tienne, avec 2 âmes dans ton corps, tu ne te souciais pas de ce que pouvait être l'âme ...

      -   Oui, et nous nous sommes en train de nous soucier de quelque chose que nous ne possédons même pas !!!

      -   Il se fait tard. La route sera longue demain. On devrait songer à dormir un peu ...

December 06

Chapitre 1 - Marc Hallen - 07_Crimes

7 - Crimes

 

      -   C’est abominable !!!

      -   En effet, Monsieur Strempta… ce genre de crime, de barbarie n’est plus perpétré depuis…

      -   Depuis près de 10 000 ans mon cher Travis…

      -   Je sais que vous m’en voulez d’avoir poussé cette assemblée à la réhabilitation de Marc Hallen, mais là vous allez un peu loin Mr Utra…

      -   Peut-être… mais je trouve des plus étrange qu’un crime d’une tel sauvagerie soit commis maintenant, dans le mois qui suit la réhabilitation d’un être venu des temps ancien et… Monsieur Fdarling c’est à vous…

Le médecin, trop heureux d’être le centre d’intérêt de cette assemblée exceptionnelle s’avance posément vers le tableau virtuel tactile se trouvant sur la petite estrade, face aux fauteuils pivotant des ministres, présidents et autres généraux présents.

      -   Voilà, c’est très simple, le corps de la victime, une jeune femme d’à peine 21 ans a été retrouvé hier matin, chez elle, atrocement mutilé…. Son corps, et en de multiples endroit a été, comment dire,… violé !

Un frisson parcouru la pièce, des regards se croisèrent.

      -   Ce que j’appellerai des cavités, ont été creusées dans diverses parties du corps de cette pauvre jeune femme… Pour être rapide, je pense qu’une incision, à l’aide d’une sorte de scalpel a été opérée, puis la plaie a été creusée sur une quinzaine de centimètre de profondeur et un largeur de trois ou quatre centimètre.. à l’aide de…. Du sexe du meurtrier…

Les murmures se firent cris. Des hommes, des femmes se levèrent, choqués.

      -   Ce n’est pas tout…

Ils se rassirent, quelques peu troublés.

      -   Une partie de la fesse gauche a été… mangée, on y voit les traces de dents, bien nets.. des dents… de genre humain...

      -   Comme celle de l’époque ancienne !!! comme celle de Marc Hallen !!!!

Le vice-président Utra n’en pouvait plus, il hurlait, il avait envie de faire arrêter, juger et exécuter Marc Hallen sur le champ.

      -   C’est exact, je dois l’admettre… mais il serait fort mal à propos d’en tirer des conclusions hâtives…

      -   Hâtives !!! Hâtives, mais c’est tout vu, en les pouvoir qui me sont conférés, je vais faire arrêter sur le champ cet être ignoble nommé Marc Hallen !!!!!

Utra était en rage.

      -   Je vous pris de vous calmer, Mr Utra… continuer s'il vous plait, Docteur Dfarling.

      -   Merci Président… en plus de cette fesse mordue, si je puis dire, il a découpé une partie de l’autre qu’il a certainement amené avec lui, à son domicile, pour une dégustation ultérieur..

      -   Modéré vos propos bordel !!!!

      -   Mr Utra !!! Calmez-vous !!!

      -   Excusez-moi, Président…

      -   Je voulais… détendre un peu l’atmosphère…

      -   Je crois que vous n’êtes pas assez psychologue pour cela Mr Dfarling, je crois que nous allons nous arrêter ici, nous en savons suffisamment, je vais ordonner l’arrestation de Monsieur Hallen, de plus, je viens de recevoir un communiqué qui indique qu’un second corps a été découvert, ce n’est donc pas un simple crime, causé par une quelconque démence ou je ne sais quoi d’autre encore, c’est l’acte d’un être dangereux qu’il faut arrêter à tout prix.

      -   Monsieur le Président, je suis d’accord avec vous sur l’arrestation de Mr Hallen. Il est difficile de ne pas penser que ce soit lui, pourtant, je pense également qu’il serait bon de ne pas le juger de suite et de lui constituer une défense, par exemple avec les témoignages de Sni Snai Enia et du Prof. Madison.

      -   Vous les aimez vraiment  ces deux là Mr Travis, c’est pas croyable…

      -   Peut-être, mais je ne dirige pas une armée moi, c'est un centre de recherche dont j'ai la charge,et je ne souhaite pas qu’il soit exécuté sans un jugement équitable.

      -   Il n’en sera pas autrement, la loi a toujours été respectée depuis bien longtemps, même pour les pires êtres. Justice sera faite, dans le respect et la protection des droits de chacun. Pour l’instant, c’est son arrestation qui prime, les deux meurtres ont été perpétrés à deux jours d’intervalles, si cet espacement est une constante, il devrait recommencer demain dans la nuit.

 

- § -

 

      -   Un transfert d’âme !!! mais qu’est-ce que vous me racontez-là Prof. Madison !!!

      -   Hé hé, c’est tout à fait ça, il y a eu, lisez mon rapport, une sorte de cohabitation forcée de deux âmes, ce qui expliquerait l’état quelque peu perturbé de Marc.

J      -   e me fous de savoir si c’est un être perturbé ou pas, je l’ai fais arrêter, il sera juger.

      -   Messieurs, je crois que votre débat n’a pas lieu d’être, tout sera fait dans le respect des lois. Mais sans vouloir vous contredire ou vous tenir tête une fois de plus Monsieur Utra, je crois que le Prof. Madison a raison.

En toute situation, il y avait toujours un affrontement entre le vice-président Utra et le premier ministre Travis.

L’un étant chef des armées, l’autre à la tête du centre de recherche, leurs intérêts n'étaient pas les mêmes.

Travis était bien plus jeune, à peine une trentaine d’années. Son ascension fut fulgurante grâce à son travail acharné et à la qualité de ses décisions et de ses recherches.

Quant à Utra, il grimpa les échelons grades par grades et montra ses qualités sur le terrain, comme la plupart des militaires.

Il avait bientôt cinquante ans, et cela faisait presque six ans qu’il était à ce poste. C'était sans aucun doute le premier chef des armées à ne pas céder sa place au bout de deux ans, comme il était de mise avec ses prédécesseurs. Il était fort apprécié et très performant.

Le président Strempta avait suivi un chemin similaire à celui de Utra. Il avait également bénéficié de cette prolongation de mandat.

Ce qui depuis des millénaires ne se faisait plus...

Tout deux avaient un peu de mal à gérer la fougue de premier ministre Travis.

Cela faisait à peine un an qu’il était là, oui, il avait fait avancé bien des choses, de part son efficacité, mais il allait trop vite et faisait peur à l’ordre établit.

Pour ma part, messieurs, je crois que Marc est innocent…

Sni Snai ne comptait pas laisser inculpé, jugé, voir exécuté la personne qui était, il n’y a pas encore très longtemps, sous sa responsabilité.

      -   Bien que je ne puisse le garantir, si vous ne me l’aviez pas enlevé, je pense qu’il n’aurait, si c’est lui, pas commis ces crimes…. Si je me permets de vous dire cela -je vous vois vous levez Monsieur Utra- c'est pour une raison très simple : il est resté plus d’une semaine avec le Prof. Madison et moi-même sans montrer la moindre parcelle d’agressivité, le petit problème survenu dans le bar en ai la preuve…. (elle jeta un regard noir au vice président), et, comme par hasard, c’est une fois livré à lui-même,  qu’il aurait commis tout ce bazar. C'est vous qui avez réhabilité un être vieux de plus de 10000 ans, pour lui donner un travail à la première occasion... Aussi, j’accuse cette assemblée, et la rends responsable de ces crimes !!!

Comment décrire ce qui survint à la suite de la déclaration outrancière de Sni Snai… Tout le monde était debout, Utra fut retenu afin qu’il ne se jette pas sur Sni Snai.. L’assemblée fut levée et Enia fut invitée à ne plus revenir dans ces lieux.

 

- § -

 

      -   Il a recommencé…

Utra était blanc…ses yeux exprimaient une sorte de peur, d’abandon.

      -   Je ne comprends pas… comment.. il est en prison…

      -   Ce n’est donc pas lui…

Travis n’était pas fière. Il était aussi abattu que son collègue.

      -   Calmez-vous messieurs… je vais m’entretenir avec Sni Snai Enia d’ici une dizaine de minutes et tous nos problèmes seront réglés…

      -   Qu’entendez-vous, Président, par –tous nos problèmes- ?

      -   N’ayez crainte Travis, je ne comptes pas leur nuire, mais j’ai l’intime conviction que Marc Hallen est le meurtrier et que Sni Snai Enia a quelque chose à voir avec le dernier meurtre… Il se trouve justement que nous avons quelques légers différents avec nos chers Issneck…

      -   Et ?

      -   Il est impensable de laisser en liberté des criminels, mais il nous sera difficile de les juger avec tout ce qui entoure cet homme venu de nulle part. Il serait plus sage de s’en servir comme… émissaire, ou appelez ça comme vous voudrez… de les envoyés chez ce maudit peuple, les Issneck, ensuite, adviendra que pourra…

      -   Si vous avez besoin d’une escorte ou d'une surveillance militaire, je suis votre homme !

      -   C’est judicieux je dois l’admettre, on éloigne un problème quand on ne peut pas le résoudre.

      -   Donc, tout le monde est d’accord avec moi, c’est parfait.

 

- § -

 

La discussion entre le Président Strempta et Sni Snai fut courte.

Il ne lui avait laissé aucune alternative, si elle voulait sauver sa peau ainsi que celle de Marc, elle devait accepter le marché, ce qu’elle fit.

 

      -   J’arrive pas à le croire que toute cette merde vienne de moi !!!

      -   Je sais à quel point il est dur d’être considéré comme un pariât.

      -   Ouais, j’imagine bien, mais merde, pourquoi tout ce bordel, pourquoi m’avoir redonné vie si c’est pour m’incarcérer, puis me bannir et m'expatrier avec une mission de merde. S’ils veulent faire de moi un héros, ils n’ont rien compris !!!!

      -   Ils savent que c’est toi qui à tué les deux premières femmes…

      -   Mais comment !!! je ne me souviens pas d’avoir fait ça moi !!!

      -   Je sais, mais tu es la seule personne… avec moi.. à ne pas avoir de capteur « in cute »

      -   C’est vrai, tu m’en avais déjà parlé, le Prof. m’avait montré un spécimen de ces petits mouchards que le gouvernement place sous la peau des citoyens afin de les fliquer et pour…

      -   Tout à fait et il leur est facile du coup de savoir que c’est nous. Chaque personne étant marquée par cette puce implantée dans leur cortex cérébrale…. Ainsi il est facile de connaître leur moindre déplacement … Ils savent donc de sources sures que personne n’est allé tuer ces filles et que ça ne peut être que toi…

      -   Ben merde, mais pourquoi je ne m’en souviens pas, et après tout, la troisième, ce n’est pas moi qui l’ai tuer, ça je peux en être sur !!!

      -   Tu peux l’être, c’est moi qui l’ai tué !!!

      -   Merde !!! mais pourq… pour me sauver ?!!!

      -   Oui.

      -   Merde.

      -   Comme tu dis…

      -   C’est donc moi, vraiment qui ai fait ça… pourquoi ?

      -   C’est simple, si je puis dire, tu n’étais pas seul lorsque tu te trouvais dans la tuilerie… il y avait également le tueur, ça ne fait aucun doute…

      -   Décidément, c’était mon jour pour mourir !!!

      -   Oui… donc le Prof. Madison et moi, pensons qu’il y a eu comme une communion entre vos deux âmes… quelque fois, quand la mort est violente, l’âme ne quitte pas son corps comme elle le devrait. Elle le quitte effectivement, surtout quand il est broyé comme a dû l’être celui du meurtrier, mais elle erre à la recherche d’un autre corps qui deviendra son hôte…

      -   Elle a donc essayé d’investir mon corps… je suis mort sur le coup alors..

      -   Nan, pas vraiment, en fait tu as du perdre connaissance, suffisamment longtemps pour que ton âme sorte de ton corps un court instant et que celle de l’autre gars vienne y prendre place. S’en ai suivi, j’imagine tout un remue-ménage et ça a abouti à une cohabitation entre ces deux âmes.

      -   Ce qui veut dire que j’ai une partie de moi qui est… celle du tueur… un peu comme un schizophrène..

      -   Un peu oui. Pour schématiser, ce serait ça.

      -   Et il y a un moyen de m’enlever cette.. âme ?

Sni Snai esquissa un sourire, enlever une âme, alors qu’elle, elle n’en avait pas…

      -   C’est possible en effet… je dirais même que s’il y avait une personne capable de faire une telle chose, ça ne pourrait être que moi…

      -   Et pourquoi donc ?

      -   Parce que je n’ai pas d’âme..

      -   Tu es morte ?!!!

      -   En quelque sorte oui… en fait je suis une Nécris, un être d’apparence humaine mais qui ne vit pas à proprement parlé. J’ai été recueillie par le Prof. Madison lorsque mon peuple fut décimé mais je ne suis pas la seule survivante, il en reste deux autres. C’est une bien maigre consolation, nous étions quand même plusieurs milliers…

      -   Oh merde alors… mais pourtant tu es comme moi…

      -   Oui, j’ai une teinture sur la peau, sinon je serais.. blanche comme un mort !!!

Elle rit, cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas rit.

      -   Je peux donc t’aider, d’ailleurs c’était ma dernière arme pour que tu ne te fasses pas exécuter, j’ai révélé au Président et consorts ma vrai nature et aurait affirmé que je pouvais te libérer de cette âme et donc arrêter ces meurtres.

      -   Ok, je comprends tout..

      -   Et je ne peux le faire que dans un lieu espacé, en pleine nature. Aussi,  le fait qu’on nous envoie faire cette –mission suicide- est parfait, car nous passerons par les plaines du Rohan.

      -   Cet individu qui investi mon corps par l’intermédiaire de son âme ne se nommerait-il pas Marc Hallen ?

      -   Toi aussi tu t’es posé la question ?

      -   Oui, car je sais, depuis peu que ce n’est pas mon nom, mais juste celui qui avait été trouvé sur les documents encore lisibles qui m’accompagnaient et qui ne m’appartenaient pas dans la mesure où j’avais laissé mes affaires à l’extérieur de la chambre hermétique…

      -   Et tu connais ton vrai prénom ?

      -   Oui, John L Rod, journaliste de profession.

Il rie, Sni Snai fit de même.

 
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